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Fixer ses prix

Oser facturer ton vrai tarif

« Si j'annonce ce prix, je perds le client. » Cette crainte pousse beaucoup d'indépendants à facturer en dessous de ce qu'il leur faut pour vivre. Le plus souvent, ce réflexe vient de la peur, et d'un seuil de rentabilité qu'on n'a jamais pris le temps de calculer.

Connais ton seuil avant tout

Beaucoup d'indépendants qui débutent fixent un prix trop bas, faute de connaître leur seuil de rentabilité. C'est le tarif en dessous duquel chaque heure travaillée leur coûte de l'argent au lieu d'en rapporter.

Quand tu connais ce chiffre, la question change. Tu ne te demandes plus si tu oses. Tu sais qu'en dessous, tu travailles à perte, donc tu n'y vas pas. Le prix devient une donnée, plus un coup de poker.

D'où vient la peur

  • Le syndrome de l'imposteur. « Je ne vaux pas ça. » Ton prix paie un résultat et une responsabilité, pas ta valeur en tant que personne.
  • La comparaison. Tu vois un freelance à 40 francs de l'heure sur une plateforme. Tu ne vois pas qu'il se sous-paie peut-être lui aussi.
  • La peur du premier refus. Un client qui dit non à ton prix n'était pas le bon client. C'est une information utile, rien de plus.

Ton prix ne va pas entièrement dans ta poche

Quand un client paie 100 francs de l'heure, tu n'en touches pas 100. Il y a les cotisations sociales (AVS, AI, APG, et le 2e pilier si tu cotises), ton assurance, ton matériel, tes logiciels, ta formation, tes impôts. Et toutes les heures que tu ne factures pas : devis, échanges, administratif, prospection.

Sur une journée, la moitié seulement est souvent facturable. Ton tarif doit absorber l'autre moitié. Un prix qui te paraît élevé est, la plupart du temps, simplement correct.

Annoncer ton prix sans t'excuser

Souvent, le vrai problème n'est pas le montant, c'est la façon de le dire. « Alors ce serait dans les… enfin à peu près 90 francs, mais on peut voir » envoie un message clair au client : ce prix est négociable, parce que je n'y crois pas moi-même.

Dis simplement : « Mon tarif est de 90 francs de l'heure. » Puis laisse le silence faire son travail. Quelques réflexes aident :

  • Annonce ton prix et arrête-toi là, ne comble pas le blanc en te justifiant.
  • Pas de « désolé », pas de « c'est peut-être beaucoup ».
  • Si tu fais un geste commercial, nomme-le : « Le tarif est de 90, je vous fais 80 sur ce premier projet. » Le geste est clair, et pas bradé.

Quand le client trouve ça trop cher

La discussion n'est pas finie pour autant, tu as plusieurs options : réduire le périmètre pour tenir le budget, proposer un paiement en plusieurs fois, ou tenir ta position calmement. Tu peux simplement répondre : « Je comprends, c'est le tarif pour ce travail. » Baisser ton prix pour garder un client à tout prix, c'est souvent garder un client qui ne te respectera pas.

Pour mettre un chiffre sur tout ça : calcule ton taux horaire freelance en quelques secondes.

Connais ton vrai seuil

VUED calcule le tarif sous lequel tu travailles à perte, selon ton canton et tes charges. Une fois que tu le connais, tu n'as plus à oser. Tu sais.

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